jardin thérapeutique
version du 9 juillet
2001
La description ci-dessous
concerne un jardin thérapeutique pour une future unité pour déments déambulants
Les personnes déambulantes devraient bénéficier d'un jardin thérapeutique
lui-même fermable. Une seule porte devrait donner issue à l'ensemble,
tel que cela existe en Psychogériatrie. Ainsi serait limité le confinement. Le
plus souvent possible, les unités resteraient ouvertes vers le jardin.
Un dispositif complémentaire comme celui qui est
utilisé dans les aéroports sera utilisé pour contrôler les passages au
niveau de la sortie extérieure du jardin, dans la situation la plus distante
possible des bâtiments. La personne âgée
désorientée pourrait être porteuse d'un dispositif de détection lors du
franchissement d'un portique donnant vers la rue. Des recommandations
écrites mettront en garde contre les risque de fugue lors des entrées et
sorties des visiteurs. Ainsi serait permise
une déambulation libre dans l'ensemble de la structure d'hébergement. Il faut
insister sur la notion de secteurs susceptibles d'être fermés, plutôt que de
secteurs fermés dont l'évocation carcérale est pénible. Les chambres devraient
être situées au rez-de-chaussée pour que les patients puissent sortir
facilement à l'extérieur dans le jardin. Le jardin devrait se trouver en
contiguïté avec l'espace intérieur de déambulation.
Cette disposition est encore plus souhaitable pour les personnes
détériorées et déambulantes qui devraient accéder sans accompagnement au jardin
thérapeutique. Toutefois, la possibilité de surveillance
visuelle doit être envisagée.
Les allées du jardin, sans rebord, seront
accessibles aux fauteuils roulants. Elles seront disposées en étoile afin
d'agrandir l'espace accessible. Des lieux de croisement des fauteuils roulants
seront prévus (élargissement de l'allée. Une d'elles pourrait être longée par
une barre d'appui pour les personnes dont la marche ou l'équilibre sont
instables. Les allées seraient en carrelage antidérapant ou bien encore en
gazon artificiel. Le jardin1 doit être de
plain pied. La végétation devrait y être absente, au moins dans un
premier temps, hormis les arbres et le gazon. Un jardin de pierres est peu
souhaitable. Les arbres seront feuillus à frondaisons haute
et à feuilles non persistantes. Les branches des arbres ne devraient jamais
descendre jusqu'au sol. Les troncs seront peu collants, ronds et lisses.
Attention aux racines trop proéminentes. Les arbres seront entourés par une
barre d'appui. Les feuilles ne devraient pas tomber sur les allées pour éviter
les glissades. Des jardinières pourraient être disposées en hauteur autour de
l'enceinte du jardin. Attention à l'éblouissement causé par des sols et des murs
blancs. A ce propos, l'aspect extérieur du bâtiment devrait être en briques
rouges, tels que la tradition locale le suggère. Un toit traditionnel est
souhaitable. Le sol doit être constitué d'un gazon plat le moins
glissant possible, artificiel sur les allées. Par contre, une pergola permet de
prendre le frais, dans un espace ombré très apprécié, tel que celui de Mazamet
(axe du "mouvement" du soleil si possible) où l'on peut se
retrouver en famille. Le terrain devrait être toujours plat afin de minimiser
le risque de chute et permettre une surveillance plus efficace ainsi que la
détection d'un incident (surtout une chute). La haie de clôture devrait
être constituée d'arbrisseaux épais mais sans risque de blessure. Cette haie
végétale devrait être située au delà d'une haie métallique recouverte de
matière plastique non traumatisante. Les maillons seront petits.
La disposition de bancs et du mobilier tiendra compte du risque de chute
sur ces structures. Les bancs seront fixés au sol et monoblocs en plastique
mou. Leur couleur sera contrastée par rapport à l'herbe, sans être
éblouissante. Une sonorisation permettra de communiquer ou de diffuser de la
musique. Les visiteurs devraient disposer d'un appel sur le BIP du personnel.
La vue devrait porter sur l'espace de déambulation interne et sur le jardin
thérapeutique à partir des offices et infirmeries. La surveillance vidéo
du jardin privatif serait un complément important, surtout au niveau de
l'entrée. Les allées accessibles aux fauteuils roulants pourraient être
disposées en étoile afin d'agrandir l'espace. L'éclairage au sol
permettra de repérer les allées sans zone d'ombre. Faut-il créer un seul, deux
ou trois petits jardins utilisés suivant la saison ou
bien l'heure de la journée ? La prévision de l'aménagement, éventuellement
ultérieur, d'un lieu avec des animaux est d'importance pour les déments
qui ne se sentent pas jugés et entretiennent des rapports chaleureux avec eux.
courrier de Patrick Vellas,
architecte, juillet 2001
Cher Docteur
La lecture de vos derniers écrits m'ont vivement intéressé et m'apporte les
réflexions suivantes :
CONCERNANT LE JARDIN THÉRAPEUTIQUE
Faciliter la déambulation dans les circuits sécurisés.
Privilégier des accès au jardin et aux autres espaces en " libre
service "
Les dispositifs comme dans les aéroports (portier électronique ?)
Posent des problèmes de surveillance (personnel qui écoute l'alarme et qui va
chercher le fugueur).
Favoriser un maximum de surveillance visuelle afin que le personnel puisse,
depuis différents lieux, avoir une vision générale depuis :
- la salle de soins (endroit où souvent le personnel se retrouve).
- les salles d'activités
- les terrasses extérieures
Vision sur les aires de déambulation
- jardin
- circulation
- espaces communs.
Pour ce qui concerne le revêtement de sol, il faut privilégier :
1 - L'accessibilité en fauteuil roulant mais aussi à pied bien sûr (attention
aux noues pour accessibilité du fauteuil roulant).
Parfois contradictoire avec l'accessibilité à pied pour une personne âgée
(exemple : seuil minimum de 2 cm, franchissable en fauteuil roulant, mais très
dangereux pour une personne âgée qui marche en traînant les pieds et peut donc
chuter sur le seuil de 2 cm, pas visible).
2 - Attention au revêtement synthétique qui pourrait peut être apporter une certaine confusion (pas naturel). L'odeur du
gazon fraîchement tondu est à conserver, par exemple.
3 - Une différence de revêtement de sol peut, dans une partie peut être plus
aventureuse, fournir des repères (bruits de pas sur le gravier, etc...). Il
ne me suffit pas de savoir que le sable des plages est chaud, je veux que mes
pieds nus le sentent (A. Gide).
En ce qui concerne la surveillance vidéo :
Qui dit surveillance vidéo, dit personnel qui regarde l'écran de façon continue
et alerte une autre personne pour aller chercher l'éventuel fugueur.
Des systèmes de circuit avec " retournement " est à
privilégier.
Propositions de Monsieur
Manteau, infirmier, août 2001 :
Pas de pergola en bois car altération et entretien coûteux. Préférer
l'aluminium avec toiture en matériel inaltérable avec anti UV et teinté.
Au niveau 0 (RdC): coursive couverte en dur.
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