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dernière mise à jour le 21 juin 2026

maltraitance

Témoignez !

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le 21 juin 2026



En 2004 paraissait un ouvrage collectif intitulé : « Silence, on frappe ».

Pour ma part j’allai fouiller dans la poubelle du jeune Internet afin d’y trouver une justification, ou plutôt une théorie cachée de la maltraitance.

C’est ainsi que j’ai proposé ce court texte :

https://www.geriatrie-albi.com/Theorie_cachee_2004.pdf


le 20 juin 2026

o    Pradines B. "Une réalité du silence ? Une théorie cachée de la maltraitance ?" De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées. Les Journées de RIFVEL France. Paris, 18 octobre 2004.

o    Pradines B. "Une théorie cachée de la maltraitance ?" in "Silence, on frappe". De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées. Ouvrage collectif sous la direction de Yves Gineste. Ed. Animagine, mars 2004, pp 145-53.

Introduction

La question de la maltraitance envers les personnes en situation de vulnérabilité s’est imposée comme un enjeu majeur de dignité et de droits fondamentaux. Dès 2004, la réflexion gériatrique citée précédemment, entre autres, alertait sur un « silence complice » partagé par l'ensemble des acteurs.

Aujourd'hui, l'introduction d'un cadre légal précis offre des outils pour identifier ces atteintes. Cependant, la reconnaissance du phénomène reste un combat : les logiques hiérarchiques, la dégradation des conditions de travail et la protection de l’image des établissements freinent encore trop souvent le signalement. On demeurera très attentifs aux premiers compte rendus annuels de SIRENA. Prévenir la maltraitance suppose donc d’analyser ses causes structurelles et d’actionner des leviers collectifs.

1. Le cadre légal : une définition élargie mais génératrice de tensions

La définition issue de la LOI n°2022-140 (Art. L. 119-1 du CASF)

« La maltraitance [...] vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu'un geste, une parole, une action ou un défaut d'action compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé [...]. Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non. Leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. »

Un outil à double tranchant

Définition de la vulnérabilité : Situation où une personne est dans l’impossibilité de se défendre ou de faire valoir ses droits du fait de son état de santé, d’un handicap, de la précarité ou d'une relation d’emprise.

2. La rupture du silence et les obstacles au signalement

L'historique des lieux clos

Le silence est le premier complice de la maltraitance. L’histoire des structures verticales et fermées (prisons, internats, commissariats, casernes, hôpitaux psychiatriques, Betharram…) montre que l’éloignement du regard extérieur favorise la banalisation des abus. Les défenseurs des Droits de l’Homme, tels que ceux qui sont regroupés ans Amnesty International, ont amplement attiré l’attention sur ce thème. En 2004, le panneau traditionnel « Hôpital, Silence » illustrait cette culture du mutisme.

La cartographie des silences (Hier et Aujourd'hui)

Le tableau ci-dessous croise les freins identifiés en 2004 et ceux constatés en 2026 :

Acteur

Les freins historiques (2004)… qui persistent

Les freins contemporains (2026)

Les résidents, désormais « habitants »

Faiblesse extrême, troubles cognitifs, peur d'être déplacés en contrainte.

Incapacité physique ou psychique à s'exprimer (ex : incidence croissante des pathologies de type Alzheimer).

Les familles

Culpabilité du placement, peur de revivre une crise familiale ou de perdre une place rare.

Exigences élevées face au coût financier ; peur des répercussions sur leur proche.

Les soignants

Peur de « cracher dans la soupe » ou de « scier la branche sur laquelle on est assis » ; culture du « on lave le linge sale en famille », discrétion professionnelle, secret médical.

Crainte des peines encourues, pressions directes de l'équipe (« pneu crevés », menaces), manque de temps (nombre insuffisant de psychologues).

Les Directions

Devoir de réserve, préservation de l'image de marque commerciale face à la concurrence.

Obsession managériale de l'attractivité des métiers et du recrutement des résidents. Peur panique de « l’EHPAD bashing ».

 

3. La dimension institutionnelle de la maltraitance

La maltraitance ne se réduit pas à des fautes individuelles isolées. Elle découle d'une organisation systémique :

Ignorer l'insuffisance numérique du personnel serait aussi désastreux que d'en faire l'unique cause. Claire Hédon, défenseure des Droits : nécessité de 8 soignants pour 10 résidents vs 10 en Allemagne et dans le nord de l’Europe. La maltraitance est le produit d'un contexte culturel et managérial qu'il faut analyser globalement.

4. Les réponses collectives : transparence, outils et certifications

Face au constat de carence, l'arsenal législatif, technique et démocratique s'est considérablement renforcé.

Un cadre pénal durci mais méconnu

La LOI n°2025-623 du 9 juillet 2025 punit de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende les violences (même sans incapacité de travail) commises :

La simplification du signalement : Le Guichet Unique 3133

Pour pallier la multiplicité historique des interlocuteurs, les alertes sont désormais centralisées :

Les leviers de la Démocratie Sanitaire

L'ouverture des institutions vers l'extérieur passe par des instances de dialogue participatif :

Évaluation et Labels : Vers une culture de la Bientraitance

Depuis le début des années 2020, l'évaluation et la transparence sont devenues obligatoires :

1.    Évaluation HAS (Tous les 5 ans) : Basée sur 157 critères (dont 18 impératifs), affichant des notes de A à D sur la plateforme Qualiscope.

2.  Certifications spécifiques :

o    Label Humanitude : Centré sur la bientraitance et la relation soignant-résident. Voir avec AgeVillage.

o    Label EHPAD Bien Traitant : Initié par la FHF.

o    Norme ISO 9001 & Certification AFNOR : Garanties de management de la qualité.

Conclusion

On ne peut pas prévenir la maltraitance par la seule menace de la sanction pénale ou par l'affichage de grands principes déconnectés du terrain. Le passage d'une culture du déni à celle de la bientraitance exige une transformation structurelle profonde.

Cela passe par l’ouverture définitive des établissements au regard extérieur, la diffusion systématique des guides de la HAS aux familles dès l'admission, la formation obligatoire de l'ensemble des personnels (médecins et directions inclus), et une protection absolue des lanceurs d'alerte. C’est à ce prix que la parole sera véritablement écoutée, et non simplement entendue.

Références bibliographiques et réglementaires

1. Cadre légal et textuel (France)

2. Recommandations et rapports officiels

3. Publication historique de référence (Rapprochement)

·         Pradines B. "Une réalité du silence ? Une théorie cachée de la maltraitance ?" De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées. Les Journées de RIFVEL France. Paris, 18 octobre 2004.

4. Données sur la certification et les plateformes publiques

Annonce de la parution d'un ouvrage collectif le 6 mars 2004

Témoignages

Avertissement : je présente ci-dessous des témoignages anonymisés sur demande des témoins. Je prends des précautions élémentaires avant de les publier, d'abord quant au sérieux de la source, enfin pour la protection de celle-ci.

Témoignez : le silence est le complice de la maltraitance, la liberté d'expression est un moyen important pour la combattre.

L'auteur, infirmier de terrain, souligne les insuffisances criantes qui ajoutent de nouvelles souffrances à celles qui sont générées par la vieillesse et les maladies.

Au format pdf :

http://geriatrie-albi.com/onachevebiennosvieux1.pdf

et

http://geriatrie-albi.com/onachevebiennosvieux2.pdf

Cet ouvrage peut être commandé en ligne, par exemple à la FNAC.

Résultats de deux enquêtes

Réflexions sur la maltraitance :

par Pascale Dubreu, cadre infirmier,  lors de la réunion annuelle de Gérialist à l'hôtel Acropole de Saint-Etienne en 2003.

Avertissement de l'auteur du site : je reproduis un nouveau texte de Pascale Dubreu, cadre infirmier. Le prix déjà payé par l'auteur de ces écrits à la manifestation de la vérité leur donne la crédibilité qu'ils méritent. Par ailleurs, il est possible de trouver ce texte, parmi d'autres, sur le site de Gérialist.

Quand la souffrance au travail s'exprime ainsi :

Communications de l'auteur de ce site :

Sites sur le thème de la maltraitance des personnes âgées :

http://geriatrie-albi.com/rapportcourdescomptes2005.pdf


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